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Histoire : Quelle a été la réaction des romains face à l’adoption du christianisme par l’Empereur et à l’abandon de leurs anciens dieux ?

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    Bibliothèque publique d’information – notre réponse du 21/10/2021.

    Constantin premier d'après une mosaïque de la basilique Sainte-Sophie
    Constantin Ier d’après une mosaïque de la basilique Sainte-Sophie, Xe siècle © CC0

    Les Romains, à l’origine polythéistes, deviennent progressivement chrétiens dans les premiers siècles de notre ère. Mais comment s’est fait ce passage d’une religion à une autre ? Plus précisément, comment ce changement a-t-il été accepté par le peuple romain et comment s’est-il accompli ?

    Sélection d’ouvrages imprimés

    Quand notre monde est devenu chrétien : 312-394, de Paul Veyne, éd. Albin Michel, 2007.
    Présentation : « Cette étude montre comment le christianisme est devenu une religion licite par la conversion de Constantin. Elle analyse notamment le rapport des païens et des chrétiens à leur dieu, montre que l’empereur est le souverain personnellement chrétien d’un Empire qui a intégré l’Eglise et étudie le concept de césaro-papisme. Suit une réflexion sur les origines chrétiennes de l’Europe. »

    Pouvoir et persuasion dans l’Antiquité tardive : vers un empire chrétien de Peter Brown, éd. Seuil, 2003.
    Présentation : « La christianisation de l’Empire romain entraîna à la fin de l’Antiquité une modernisation décisive de l’exercice de l’autorité. Dès lors apparaissent de nouveaux mécanismes de régulation qui traduisent la montée en puissance des évêques et des ermites au détriment des philosophes. Montre à la fois les acteurs de cette transformation et les causes de l’installation durable de la société chrétienne. »

    Païens et chrétiens dans un âge d’angoisse : aspects de l’expérience religieuse de Marc-Aurèle à Constantin, d’Eric Robertson Dodds, éd. les Belles lettres, 2010.
    Présentation : « Cet essai, publié en 1965, considère la crise de l’Empire romain, de Marc-Aurèle (161) à Constantin (312), du point de vue des présupposés intellectuels communs aux chrétiens et aux païens. Face aux incertitudes du monde extérieur, ces deux groupes déprécient le monde matériel au profit d’un univers intérieur peuplé de forces surnaturelles, souvent malveillantes. »
    Présentation : « Le thème abordé par E. R. Dodds dans cet ouvrage – la transition du paganisme au christianisme de Marc Aurèle à Constantin – est de ceux auxquels on revient indéfiniment, car il reste, malgré tout, le grand mystère : pourquoi et comment des païens cultivés de ce temps, qui avaient, en somme, une religion quasi monothéiste, une morale en substance peu différente de la nôtre – il suffit de lire Libanius -, un trésor de culture infiniment supérieur à tout ce que pouvaient offrir les chrétiens, pourquoi, dis-je, et comment ces païens ont-ils pu devenir chrétiens ? Laissons la question en repos. »

    Le christianisme, des origines à Constantin, de Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, éd. Presses universitaires de France, coll. Nouvelle Clio, 2006.
    Le sommaire et une partie de cet ouvrage sont accessibles en ligne sur la plateforme académique Cairn.
    Présentation : « Ce volume retrace les débuts du christianisme, des premières prédications de Jésus au début du IVe siècle où il devint religion autorisée dans l’Empire romain. Cette approche historique se double d’une étude portant sur les problèmes accompagnant son développement autant extérieur, il fut longtemps confronté à un monde hostile, qu’intérieur, définition de la doctrine authentique, hétérodoxies variées … Les auteurs étudient également le développement de la première théologie chrétienne et l’enseignement éthique qui l’accompagne. »


    Articles en ligne

    Pouvoir de la religion et politique religieuse dans les premiers siècles du christianisme, l’exemple de deux empereurs : Constantin et Justinien, par Anne Fraïsse, Cahiers d’études du religieux. Recherches interdisciplinaires [En ligne],  | 2007, mis en ligne le 04 juillet 2006, consulté le 26 juillet 2021.
    Résumé : « Dans les premiers siècles du christianisme, deux empereurs Constantin et Justinien illustrent le pouvoir grandissant de la religion sur le politique mais également l’influence du politique sur la religion. Au IVe siècle, Constantin va en effet donner au christianisme une dimension sociale jusqu’à en faire le socle d’une nouvelle civilisation. Deux siècles plus tard en revanche, la relation entre le pouvoir impérial et religieux se pose en termes de domination : le pape est-il soumis à l’empereur comme citoyen romain ou l’empereur au pape en tant que chrétien ? »

    Pourquoi le christianisme est-il si vite devenu romain ?, par Etienne Trocmé, revue Ktèma, 17, 1992, p. 297-304, consultable sur la plateforme Persée.
    Résumé : « il est paradoxal que, cent ans après sa naissance, le christianisme, né juif sur les confins de l’Empire parthe et de langue araméenne, se montre avant tout préoccupé de s’intégrer…. Le problème que nous cherchons à résoudre reste donc posé. L’option «romaine» du christianisme serait-elle la conséquence de sa rupture avec le judaïsme ? Il existe certainement un lien entre les deux… du christianisme rendait celui-ci nettement moins acceptable aux yeux des autorités romaines et aurait fort bien pu pousser les chrétiens à prendre leurs distances à l’égard de la civilisation gréco-romaine. »

    La Conversion. Le tournant monastique au IVème siècle, par Fabrizio Vecoli, revue Théologiques, Volume 21, Numéro 2, 2013, p. 17–41, mise en ligne sur la plateforme académique erudit.org le 03/02/2015.
    Extrait du §4 (Secte et Eglise : quelle conversion ?) : « il ne s’agit pas de faire partie d’un nouveau peuple au sens ethnique du terme, mais d’adhérer à un credo à la fois élitiste et universel. Cela changera, justement, à mesure qu’avanceront les processus d’institutionnalisation et d’impérialisation de l’Église. On peut d’ailleurs se demander si, dans le nouveau contexte culturel et social post-constantinien, il est encore légitime de parler de conversion, car l’accès à la foi chrétienne se fait de plus en plus par le processus normal de socialisation. En effet, certains déploreront de voir entrer dans l’Église des fidèles d’une foi douteuse (Salamito 1995, 683) : Eusèbe mentionnera des hypocrites qui agissent par intérêt (Eusèbe de Césarée, Vita Constantini 4, 54) et Augustin, des convertis par nécessité (Augustin d’Hippone, Sermones Morin 1, 1). La conversion, plus qu’un choix individuel spontané, commence à désigner l’inclusion de populations entières — d’abord rurales, mais par la suite étrangères — à l’intérieur d’un écoumène méditerranéen de plus en plus chrétien. C’est à cette période que théologie missionnaire et politique impériale se rapprochent et finissent par se rejoindre. »


    En vidéo

    L’historien Paul Veyne a donné, en partenariat avec la Fondation Del Duca, le 17/04/2008, une conférence sur « Les origines du christianisme en Occident ».
    Présentation : « Comment le christianisme a-t-il réussi à s’imposer à tout l’Occident ? En octobre 312 de notre ère, l’empereur Constantin se convertit alors que les chrétiens passaient pour des anormaux. Sans cette conversion sincère et courageuse dans le contexte de l’époque, cette religion serait sans doute restée une secte d’avant-garde. Outre la conversion de Constantin, le triomphe du christianisme tient également à son originalité et à sa profonde démarcation par rapport au paganisme. Le christianisme a su créer ses propres conditions de succès à la manière des chefs-d’œuvre qui créent une sensibilité nouvelle. Alors que les païens sont contents de leurs dieux s’ils obtiennent ce qu’ils veulent, les chrétiens, à l’inverse, font en sorte de satisfaire leur Dieu unique. Avec l’invention du Christ, le christianisme devient alors un émouvant roman métaphysique d’amour où la divinité et l’humanité se passionnent l’un pour l’autre, jusqu’au sacrifice de cet être céleste qu’est le Christ pour racheter ceux qui ont cru en lui. Lorsque les empereurs ont favorisé et enrichi l’Eglise, le christianisme a pu s’imposer comme religion coutumière, devenant la religion où l’on se trouve en naissant, à la différence des sectes, au sens sociologique du terme, où l’on choisit d’entrer. Peu à peu, le christianisme s’est étendu à l’ensemble de l’Occident, mais de nos jours, avons-nous encore des racines chrétiennes ?. » (source : éditeur)
    Cette conférence est consultable dans la bibliothèque numérique de la BnF, Gallica.

    Eurêkoi – Bibliothèque publique d’information


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