Quelles pistes bibliographiques me conseilleriez-vous sur Escarpit ?

Bibliothèque publique d’information – notre réponse du 10/15/2009 actualisée le 03/05/2022.

Livres de Robert Escarpit

Escarpit, de son prénom Robert, était un professeur, chercheur, journaliste, romancier, éditeur, directeur d’université, français né le 24/04/1918 et mort le 19/11/2000.
Il était notamment connu pour avoir écrit beaucoup de romans jeunesse, mais aussi pour ses travaux en sociologie et en communication de masse par le livre. Il est devenu une référence dans ces domaines.
Qui était donc Robert Escarpit ? Qu’a-t-il écrit ?
Quelle est la réception de ses travaux ?

La vie d’Escarpit

Robert Escarpit, par Philippe d’Hugues, France Archives.
Extrait :
« Robert Escarpit fut un grand universitaire, un excellent journaliste et un remarquable écrivain. Homme à multiples facettes, il laissa à ceux qui le connurent un souvenir émerveillé. Né près de Bordeaux, tout près de chez François Mauriac, c’est là qu’il fit sa carrière de professeur. Ses étudiants se rappellent ses cours pétillants d’esprit et de malice, où se déployait sa verve gasconne, appuyée sur sa solide culture de normalien chevronné. »

Robert Escarpit (1918-2000). Hommage à un centenaire plein de vie, par Anne-Marie Laulan, Hermès, La Revue, n° 82, p. 274-275, 03/12/2018.
Un article résumant la vie de Robert Escarpit. Il a marqué tant par ses actions que par sa volonté de promouvoir la culture par la communication et les échanges.
Extrait :
« Peu avant 1970, il crée le premier Institut universitaire de technologie (IUT), en banlieue bordelaise, destiné à apporter une formation orientée vers des professions, pas uniquement vers l’intellect. Puis deux années, plus tard, il lance des unités de valeur, à l’université, qui seront l’embryon de la création d’une nouvelle filière (la 56e, devenue 71e actuellement), les sciences de l’information et de la communication. Plus créateur que gestionnaire, il confiera à l’helléniste Jean Meyriat le périlleux mandat de piloter cette section au Conseil national des universités et aussi de diriger la société savante SFSIC pour animer la recherche ; car, bien entendu la science politique, les collègues de Paris 2, chevauchaient eux aussi sur ces nouvelles pistes, relayés/soutenus par les professionnels du journalisme ou de la publicité. »


Ses œuvres notables

Romans

Les contes de Saint-Glinglin
Ed. Hachette Jeunesse, Nouvelle Édition, 2007.
Résumé :
« Se revoir « à la Saint Glinglin « , manger « à la Bonne Franquette », prendre la « poudre d’Escampette »… Autant d’expressions étranges dont les récits drôles et savoureux de ce livre nous content l’origine… Et si la poudre du Père Limpinpin avait enchanté ces pages? » (Source : Babelio)

L’enfant qui venait de l’espace
Bayard Éditions, 1993.
Résumé :
« Suzan est l’un des personnages du célèbre auteur de science-fiction Isaac Asimov. C’est même son héroïne préférée. Il l’a conçue séduisante, mais obsédée par son métier de spécialiste des robots. Et voilà qu’un beau matin de 2010, l’auteur rencontre sa créature, vivante, entre une cuisinière rafistolée et une étrange plante verte qu’elle a baptisée Robbie. Que s’est-il passé ? Rien de ce qu’avait écrit Asimov n’est arrivé. Si les héroïnes de science-fiction prennent en main leur destin, où va-t-on ? Et pourtant, l’histoire de la belle Suzan ressemble à un fameux roman, bourré de rebondissements ! » (Source : Babelio)

Essais

Sociologie de la littérature
Presses universitaires de France, 1992.
Extrait :
« Remarquons une différence fondamentale entre la littérature et les beaux-arts: alors que la musique et la peinture peuvent servir de décor, voir de contexte fonctionnel à l’existence active parce qu’elle n’engagent qu’une partie de l’attention, la lecture ne laisse aucune marge de liberté aux sens et absorbe la totalité de la conscience, faisant du lecteur un impotent. » (p.118, Sociologie de la littérature)

L’Humour
Presses universitaires de France, 1991.
Résumé :
« Petit ouvrage (1960) définitif bien que ne définissant pas. La thèse qui s’en dégage semblerait presque limiter aux seuls Anglais le véritable sens de l’humour mais l’auteur tient compte, en si peu de place, d’une foule de conjonctures où il insiste sur la différence entre le mot et la chose qui constituent les deux parties de son essai. A notre avis, le texte le plus pertinent et documenté sur l’humour en tant que tel. Nombreuses notes dans le texte. » (Source : Google books)


Ses multiples facettes

Le sociologue

Robert Escarpit, précurseur de l’approche socio-économique du livre de Sylvie Bosser et Sophie Noël, Communication & langages, n° 211, p. 3-19, 14/03/2022.
Extrait :
« Nous voudrions montrer ici comment le cadre théorique élaboré par Escarpit dans les années 1950 et 1960, ainsi que ses recherches empiriques sur le livre et la lecture, ont posé les bases d’un champ de recherche fondateur des SIC qui sera amené à se développer au sein des études sur les industries culturelles. Les apports d’Escarpit à l’analyse de l’édition sont en effet nombreux : l’adoption de la catégorie « fait littéraire » en lieu et place des « œuvres littéraires », la prise en compte du lecteur comme membre à part entière de l’acte de communication que représente ce « fait littéraire », l’importance accordée à la littérature de masse et de genre, l’usage des statistiques, ou encore l’insertion de la littérature dans un « réseau de circonstances sociales ». »

La sociologie de la littérature selon Escarpit. Structure, évolution et ambiguïtés d’un programme de recherche de Laurence Van Nuijs, revue Poétique, n° 149, p. 107-127, 01/02/2012.
Extrait :
« S’il a tout de même acquis le statut d’un classique, c’est en sa qualité d’inspirateur d’une sous-discipline métalittéraire spécifique, à savoir la sociologie empirique du fait littéraire. Aujourd’hui encore, dans les aperçus historiques et théoriques de la sociologie de la littérature, Escarpit est invariablement cité en tant que « père fondateur de la sociologie moderne de la lecture. C’est lui qui, au cours des années 1960, prend en compte, pour la première fois et de manière non spéculative en France, des phénomènes littéraires peu étudiés jusque-là, tels que la consommation du livre, les circuits de distribution, les genres littéraires mineurs, les bibliothèques, le lecteur empirique, les institutions littéraires, le livre en tant que support matériel de la lecture et l’édition. »


L’écrivain

Entre les romans jeunesse et les essais sociologiques, Robert Escarpit a écrit des œuvres de science-fiction. Le premier : l’Enfant qui venait de l’espace (1984) lui a valu le Grand Prix de la Science-Fiction Française en 1985 (aujourd’hui le Grand Prix de l’Imaginaire).
(Source : Quarante-Deux : les Archives stellaires)

Pascal J. Thomas – Colloque Robert Escarpit
Chaîne de Robert Escarpit
Mise en ligne le 20/05/2019

Écrire pour l’enfance de Martine Joly, Communication et organisation, HS n°2, 27/03/2012.
Extrait :
« Martine Joly : Je suis très honorée de présenter la table ronde de cet après-midi, consacrée à la littérature d’enfance et de jeunesse. Robert Escarpit ne s’est pas contenté d’être un universitaire, il a aussi nourri les rêves de nos enfants, sinon les nôtres. Nous avons tous été des enfants lecteurs, des enfants rêveurs. Robert Escarpit a proposé sa propre vision du monde, de l’imaginaire enfantin au travers en particulier des Contes de la Saint-Glinglin. »


Le journaliste

Y a-t-il encore de la place à la une des quotidiens pour l’humeur et pour l’humour ?, table ronde animée par Philippe Loquay, Communication et organisation, HS n°2, 27/03/2012.
Extrait :
« Robert Escarpit, à qui nous rendons hommage aujourd’hui, est l’emblème même de ce journalisme autrement. Il n’a d’ailleurs jamais été titulaire de la carte de presse, lui qui a si bien représenté la profession par sa personne, « le curieux invétéré », par ses actes ; toujours aller plus loin ou aller ailleurs. Il a même fondé, d’abord la licence de journalisme de la faculté des lettres de Bordeaux en 1963 puis l’IUT, et l’UPTEC, devenu l’ISIC ; c’est-à-dire que, lui-même, ce journaliste qui ne l’était pas sur le papier, a fondé des endroits où on allait justement apprendre à exercer ce métier. »

Robert Escarpit, « Billettiste » du « Monde » des années de 1949 à 1979, universitaire, Prix de l’humour et romancier, par Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde, 20/11/2000.
Extrait :
« Le surtitre de ces billets était « Au jour le jour ». Rue des Italiens, nous disions : « l’Au jour » ou, mieux : « l’Escarpit ». En bas à droite de la première page, sur une colonne, à peine plus haut que large, le texte en italique était le seul endroit du journal où était écornée la consigne, héritée des ancêtres du Temps, de « faire emmerdant ». Le lecteur y courait faire provision de narquoiserie, avant la ration quotidienne de haute grisaille : le même réflexe qu’aujourd’hui avec le dessin de « une ». C’est bien cela : Escarpit était quelque chose comme « le Plantu » du dernier demi-siècle, de la décolonisation à l’alternance de gauche. »


Pour aller plus loin…

Si la vie de Robert Escarpit vous intéresse, celle de Denise Dupont-Escarpit, sa femme peut vous intéresser aussi. Vous trouverez une partie qui lui est consacrée dans l’article l’Œuvre spéculative de Robert Escarpit de Pascal J. Thomas sur Quarante-Deux, 11/12/2016. Elle est mentionnée également à plusieurs reprises.
Extrait :
« Il faut surtout revenir un peu arrière dans le temps pour dévider un autre fil de la vie d’Escarpit. Nous avons peu parlé de son épouse Denise (née en 1920, décédée en 2015), angliciste elle aussi. Denise va devenir une pionnière de l’étude rigoureuse et respectueuse de la littérature pour la jeunesse, qui sera une autre composante majeure de l’École de Bordeaux. Son œuvre compte de nombreux titres (des études, pas de littérature). »


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